Dictée de l'UNIVA pour les 150 ans de l'UCLy

Un voyage dans la langue française pour célébrer les 150 ans de l'UCLy

Un événement aussi original que fédérateur pour le jubilé de l'UCLy : la Dictée de l'UNIVA

Ce mardi 26 mai, plus de 70 personnes se sont retrouvées en amphithéâtre Jean-Paul II du campus Carnot pour relever le défi de la dictée du certificat d'études de 1875, en l'honneur des 150 ans de l'UCLy.

Pour cette édition spéciale, l'UNIVA avait choisi un texte datant de l'année même de la fondation de l'Université Catholique de Lyon. Un clin d'œil historique qui a permis aux participants de se plonger dans la langue française telle qu'elle était pratiquée à la fin du XIXe siècle, tout en célébrant le patrimoine intellectuel et culturel de l'université.

L'extrait retenu pour cette dictée était le suivant : 

Près de Lyon, le voyageur qui remonte la Saône rencontre une île que les anciens ont appelée Insula Barbara, nom que les modernes ont traduit par Île-Barbe ; îlot d'une forme délicieuse, qu'un vieil auteur a comparé, avec autant de justesse que de poésie, à un vaisseau armé de tous ses agrès, mais assoupi sur ses ancres. La Saône, sur laquelle il semble dormir, paraît elle-même l'étreindre avec amour, tant les eaux dont elle le baigne sont paisibles et caressantes.

Cette île, autrefois couverte de bois épais, a servi de refuge aux chrétiens de Lyon, persécutés durant les premiers siècles, bien qu'il s'en fallût de beaucoup que tous y trouvassent un abri sûr ; au temps pour eux, qui crurent trop tôt à la clémence de leurs bourreaux. Les chemins qui y menaient étaient semés de chausse-trapes, et les malheureux à qui l'on avait laissé dire leurs adieux à leurs proches s'y engageaient le cœur serré, sans que nul ne songeât à les persifler pour leur foi naïve. L'île a vu s'élever, ensuite, un monastère d'où sont sortis des pontifes destinés aux sièges les plus importants des Gaules, et des abbés que les communautés les plus illustres s’arrachèrent les uns aux autres.

Au sein de l'Île-Barbe, véritable corbeille de fleurs et de verdure flottante et parfumée, celle que l'Église appelle Rose mystique, la Vierge Marie, devait naturellement se voir réserver une place d'honneur, sans qu'aucune voix discordante ne s'y opposât jamais. Aussi un homme illustre, l'abbé Hogier, y avait-il fait bâtir à Marie, sous le vocable de Notre-Dame des Grâces, une chapelle qui fut extrêmement fréquentée depuis le milieu du onzième siècle jusqu'à la fin du seizième. L'apercevant au loin, il n'était point de batelier qui ne priât la Vierge d'intercéder pour lui, ni de pèlerin qui ne désirât qu'elle le protégeât de son regard.

Quand on ne s'arrêtait pas au sanctuaire, on avait au moins ce pieux usage de la saluer, quoiqu'il arrivât que des esprits forts s'en dispensent ; ceux-là avaient persiflé sans qu’on leur réponde, car les croyants, évitant les traquenards de la dispute, préféraient que leur dévotion parlât d'elle-même.  Lorsque les bateliers descendaient la Saône, dit un auteur contemporain, tout l'équipage devait garder le silence à la vue du clocher de l'Île-Barbe. Les rames cessaient d'agiter les eaux. Tous ensuite, silencieux et recueillis, recommandaient à Marie leur voyage, sans qu'il y eût parmi eux âme qui vive qui s'y dérobât.

Après avoir expliqué les règles de notation, Vincent Goubier, directeur de l'UNIVA, a donné le coup d'envoi de cette dictée anniversaire. Concentrés et appliqués, les participants se sont confrontés aux subtilités de l'orthographe, de la grammaire et du vocabulaire de l'époque.

La correction a ensuite été assurée par Dominique Vinay, Directrice de l'ESTRI et Docteure en littérature française. Dans un esprit à la fois rigoureux et convivial, chaque auditeur a pu corriger la copie de son voisin, permettant à chacun de découvrir les pièges du texte et d'échanger autour des difficultés rencontrées.

Une réflexion sur la transmission de la langue française

Pendant le temps de vérification des copies par l'équipe de l'UNIVA, Patrick Laudet, inspecteur général de l'Éducation nationale et intervenant à l'UNIVA, a proposé une intervention consacrée au maintien et à la sauvegarde de la langue française. Son propos a rappelé combien la transmission de notre patrimoine linguistique demeure essentielle : « c'est l'inconséquence sur le passé qui engage l'avenir ». Une réflexion particulièrement pertinente dans le cadre de cette célébration des 150 ans de l'UCLy.

Cette dictée s'inscrivait pleinement dans les festivités du sesquicentenaire de l'université. Au-delà de la performance orthographique, elle a permis de réunir étudiants, auditeurs, enseignants, retraités et amoureux de la langue française autour d'une même passion pour les mots, la culture et la transmission des savoirs.

Pour finir cette matinée, la remise des prix a récompensé les meilleurs participants. Notre grande gagnante est Florence Ricard, ancienne professeure de Lettres aujourd'hui retraitée, qui a réalisé un sans-faute remarquable sur ce texte de 1875.

Bravo à Florence Ricard pour cette belle performance, ainsi qu'à l'ensemble des participants qui ont relevé le défi avec enthousiasme et bonne humeur. Cette édition spéciale restera comme un beau moment de partage, illustrant l'attachement de l'UCLy à la transmission des savoirs et à la richesse de la langue française depuis 150 ans.

Prochain rendez-vous le 16 juin à 15h, pour la présentation du programme 2026-2027